Télévision

Daniel Prévost, un homme précieux

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Zébulon poète, terrifiant et irrésistible, Daniel Prévost se glisse dans le taxi de Jérôme Colin et on s’en réjouit.

C’est un personnage comme on en voit trop peu. Drôle, infiniment drôle, mais aussi féroce comme un inspecteur des impôts cocu, poète comme une âme libre, et impressionnant quand il enfile une stature d’autorité. Prévost, c’est à la fois un homme mûr (il a 78 ans quand même) et un enfant qui ne renonce jamais devant une farce. Il a la bouclette rieuse, les yeux vifs, la silhouette gainée et une propension à faire de tout tout le temps. Dire qu’on en profite si peu…

Daniel Prévost a eu la chance de se lancer dans le métier de comédien dans les années 60. De cours d’art dramatique en petits rôles, il a croisé des personnalités fantasques qui transformaient le cinéma, le cabaret, et créaient des émissions sans complexe pour une télévision vite outragée par leurs excès. Serrault, Averty, Jean Yanne, Bobby Lapointe. Il était de la même trempe, un révolutionnaire rigolard, un héros de cartoon avec des bâtons de dynamite plein les poches. Mais il reste peu connu jusqu’à ce Petit rapporteur qui en 1975 révèle au grand public du dimanche une bande d’iconoclastes. Daniel Prévost y côtoie Jacques Martin et Pierre Desproges pendant deux ans et découvre la célébrité.

La suite se déroule au théâtre (du boulevard à Guitry ou… Daniel Prévost, avec Sodome et Virginie), du one-man-show, des sketches dans Palace notamment, de l’animation télé (le mythique Anagram, mais aussi La grosse émission sur Comédie!), quelques pubs et chansons, des contes pour enfants, des films évidemment, dont ce Dîner de cons qui lui vaut un César en 1999, mais aussi les premiers nés de Guillaume Canet (Mon idole) et Dany Boon (La maison du bonheur). Et des livres. Comme Coco belles-nattes ou Le pont de la révolte où sous le couvert du roman il raconte son enfance sans père et la découverte de ses origines kabyles. Il était récemment l’invité d’honneur du Festival du film de comédie à Liège. On honore trop peu les comiques au cœur chaud. Heureusement qu’il y a des Jérôme Colin pour les confesser… 

ttt

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