Au ciné

Helen Mirren et Donald Sutherland impériaux dans L’Échappée belle


3

Un road-movie à travers l’Amérique.

Depuis Amour de Michael Haneke, les couples de seniors ont la part belle au cinéma et c’est tant mieux. John (Donald Sutherland) et Ella (Helen Mirren) ressemblent à ces retraités ordinaires embarquant à bord de leur camping-car pour l’été. Sauf que deux fâcheux se sont invités à bord de leurs vacances: le cancer terminal d’Ella, et l’alzheimer de John. 

Fuyant un quotidien qui les emprisonne et les réduit à leurs prises de médicaments, le couple s’offre un dernier pèlerinage jusqu’à Key West, où se trouve la maison de l’écrivain Ernest Hemingway. Adaptant un roman américain de Michael Zadoorian (The Leisure Seeker), le cinéaste italien Paolo Virzi (Les opportunistes) retrouve la trame de son précédent film, Folles de joie, qui retraçait l’échappée belle de deux femmes (Valeria Bruni-Tedeschi et Micaela Ramazzotti) sortant d’asile psychiatrique. Ici, il suit avec un plaisir communicatif le dernier voyage de ce couple truculent et folklo, découvrant une Amérique qu’ils ne reconnaissent pas. 

Drôle et tendre dans sa manière de jouer avec les codes du road-movie (créé pour la jeunesse et la vitesse), le film fonctionne particulièrement grâce à la rencontre entre deux monstres sacrés du cinéma qui donnent l’illusion d’une intimité conjugale absolue, délivrant ses derniers secrets. Saluons particulièrement Helen Mirren: Oscar de la meilleure actrice en 2006 pour son interprétation d’Élisabeth II dans The Queen, l’actrice so british décroche une nomination aux Golden Globes pour ce rôle d’épouse typiquement américaine avec casquette à visière. Un savoureux tour de force.

ttt

Les sites de L'Avenir Hebdo SA utilisent des cookies. Qu’est-ce que cela signifie pour vous ? Plus d’infos Masquer cette notification