Politique

Philippe Maystadt, une sagesse légendaire

Une toison blanche, un cerveau, un grand homme d'Etat s'en est allé. Philippe Maystadt avait 69 ans. Il aura été ministre fédéral quinze ans durant, dont dix aux finances.

Sa sagesse restera légendaire. C'est l'un des derniers véritables hommes d'Etat que compte la Belgique qui vient de s'en aller. Cet été encore, il prenait la parole pour pacifier les tensions nées de la rupture entre le parti de Benoit Lutgen avec le PS. Il le faisait de concert avec l'ex-présidente du cdH, Joëlle Milquet, qu'il aura soutenue jusqu'au bout de sa vie. Le social-chrétien Philippe Maystdat faisait face depuis des mois à une maladie respiratoire incurable qui vient de l'emporter.

On garde en mémoire sa toison blanche, ses yeux affirmés d'un bleu très clair, son élégance toujours de mise. C'était un vrai discret, un homme secret et timide. Mais un cerveau. Et un négociateur hors pair. Il aura été tout à tour ministre de la politique scientifique, du Budget, des Affaires économiques et, enfin, des Finances dix années durant.

Son aura l'a amené, plus de force que de gré, à la présidence des sociaux-chrétiens francophones. Très brièvement. Mais c'est à la tête de la Banque européenne d'investissement qu'il s'épanouira onze années durant. Un mandat d'une rare longévité à ce niveau-là. Ces derniers temps, il avait fortement réduit ses activités mais il était resté président de l'Ares, l'Académie de recherche et d'enseignement supérieur.

Pour lui, il n'y avait rien après la mort

Philippe Maystadt était né à Verviers en 1948, dans la maison jumelle à celle de Melchior Wathelet père. Le père de Philippe était ingénieur industriel. Enfant, il avait migré en terres carolorégiennes, à Couvin puis à Farciennes. L'étudiant est intelligent et insatiable. Il a fait le droit et l'économie à Namur puis à Leuven avant d'étudier l'administration publique à Los Angeles. Tout jeune, il est entré au PSC.

Il aura écrit plusieurs livres. Le dernier en date fera office de testament pour les générations nouvelles. Il s'intitule Des lieux et des moments, comment on décide en politique. C'était un homme de chiffres qui avait des lettres.

Pour lui, après la mort, il n'y avait "rien. Et cela me rend serein. Je n'ai pas peur de ce qui peut advenir après", déclarait-il dans une interview à La Libre, en juin dernier. Agnostique pétri de valeurs chértiennes, Philippe Maystdat le disait aussi comme ceci, parce que cela le rassurait: "tu es poussière et tu retourneras en poussière".

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