Sécurité

La police va tester des tasers de 50.000 volts

La police s'apprête à tester le pistolet à impulsion électrique. Une arme présentée comme non-létale, mais dont la sécurité reste contestée.

Les pistolets électriques équipent les policiers de plusieurs pays. En Belgique, leur entrée en service a longtemps été retardée, faute de cadre légal. Mais le ministère de l'Intérieur vient de l'annoncer: quatorze zones de police, dont celle de Bruxelles-Midi, Liège, Mons-Quévy et Arlon, testeront l'arme à impulsion électrique pendant au moins une année.

En mars dernier, Jan Jambon avait déjà annoncé son intention d'équiper la police locale de «tasers». Qualifiée de non-létale, l'arme sert essentiellement à neutraliser une personne potentiellement dangereuse. En bloquant le système nerveux central. Dans la pratique, le pistolet électrique envoie, à l'aide de deux aiguilles, une décharge de 50.000 volts dans le corps. La personne perd automatiquement contrôle de ses muscles et s'effondre. Ce qui permet aux forces de police de l'intercepter, mais représente, aux yeux d'Amnesty International, une réponse disproportionnée dans la plupart des cas. 

Des effets imprévisibles

Le taser est-il une arme mortelle? Ses effets restent, en tout cas, totalement imprévisibles car ils dépendent de chaque individu. Paralysie musculaire, chutes violentes, infarctus chez les personnes à risque... Le caractère potentiellement létal de l'arme reste très controversé. Aux Etats-Unis, une étude révèle ainsi que sur 712 décès survenus lors d'arrestations, 153 sont dûs à une utilisation du taser. Rapports d'autopsies à l'appui. Depuis 2006, le taser est d'ailleurs classé dans le règlement européen des armes comme arme susceptible d'infliger la torture.

Raison pour laquelle le projet pilote, proposé par Jan Jambon, sera strictement encadré. Les agents ne pourront l'utiliser qu'après avoir suivi une formation. «Pendant la période d’essai, nous vérifierons si le taser n’est pas trop dangereux et si une formation est suffisante. Avec le peppersray (gaz poivre) ou la matraque aussi, il peut y avoir des accidents s’ils sont mal utilisés; on ne les retrouve pourtant pas dans la législation. Mais si une modification de la loi est nécessaire, alors nous la ferons», a commenté le vice-Premier ministre NV-A.

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