Critique

Tueurs: la stratégie du polar


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Le polar attendu de François Troukens et Jean-François Hensgens confirme l'essor du film noir belge contemporain.

Une salve d’images d’archives des tueries de 1985 étrille l’ouverture du film. Trente ans plus tard, le spectateur assiste sans transition à une autre tuerie (fictive celle-là) : une juge (Natacha Regnier) est abattue de sang-froid par des tueurs masqués, au moment où Frank, un braqueur méticuleux (Olivier Gourmet), réalise un ultime casse. Marqué par le retour d’actualité des tueurs du Brabant et la particularité d’être mené par un ancien braqueur, Tueurs marque l’essor du polar belge contemporain, vivifié dernièrement par la veine flamande (- l’acteur Kevin Janssens, vu dans D'Ardennen, faisant ici le lien) et le renouveau des séries francophones (La Trêve, Ennemi public). Ultra rythmé, soutenu par la BO électro d’Animalsons et des clins d’œil réussis aux polars cultes (la course poursuite de Heat, les scènes de prison d'Un Prophète), le film (remarqué à la Mostra de Venise) détonne par la manière dont le personnage de Lubna Azabal (qu'on admire depuis Incendies) prend le pouvoir sur l’enquête face à Bouli Lanners en flic retors. Si la psychologie n’est pas la priorité du scénario, le film étaye la thèse de l’infiltration des anciens tueurs dans toutes les sphères de l’Etat - selon une stratégie cinématographique qui évite toute complaisance avec le passé de Troukens. – J.G

Tueurs. Réalisé par François Troukens et Jean-François Hengens. Avec Olivier Gourmet, Lubna Azabal, Bouli Lanners – 86’

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