Télévision

Jean Rouch, regards persans

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Retour sur l’œuvre de Jean Rouch, pionnier du cinéma ethnographique. Il aurait eu 100 ans cette année.

Jean Rouch a passé la plus belle partie de sa vie le front plissé et la paupière gauche baissée. C’est via son œil droit, grand ouvert et constamment collé à la lentille de sa caméra 16 mm Kodachrome, qu’il a absorbé le monde. Ingénieur civil de formation, il commence à se passionner pour l’ethnographie au Niger. Parti bâtir des ponts, il assiste impuissant à la mort de ses ouvriers foudroyés sous un orage. Rouch découvre alors un mystérieux rituel religieux qui deviendra son premier terrain ethnologique. Ses ponts ne relient plus les rives, mais les continents. L’événement est tragique mais une vocation est née. Parce qu’en plus d’offrir un regard plein d’humanité sur l’Afrique, Jean Rouch réinvente le septième art. Perçant les tribus les plus reculées comme les métropoles en gestation, Rouch est un des premiers à privilégier le réel et armé de sa légère caméra placée sur son épaule, il invente le cinéma-vérité.

À travers son film hommage, le documentariste ivoirien Idriss Diabaté rend un petit peu de ce que l’Afrique doit à Jean Rouch. “Jean Rouch avait trouvé en Afrique des amis et une vraie liberté. C’est ce Jean, curieux, heureux, drôle, libre, amoureux de la vie, nourri des histoires de tous ceux qu’il a côtoyés que nous avons eu envie de raconter” signale Diabaté. Et si l’on retient principalement le travail de Jean Rouch en Afrique, il est une partie de sa vie plus confidentielle mais non moins passionnante qui l’emmena en Iran. Le second film porte sur l’influence indéniable que Jean Rouch exerce encore aujourd’hui sur plusieurs générations de cinéastes iraniens.  

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