Rencontre

Foo Fighters: "C'est cyclique, le rock va revenir au top"

La formation américaine invite Paul McCartney à la batterie  et le producteur d’Adele aux manettes sur un neuvième album audacieux et, oui, mélodique. 

Le dimanche 2 juillet dernier, les Foo Fighters livraient un concert euphorique en clôture du festival de Rock Werchter devant 85.000 spectateurs. Dans la nuit étoilée, Dave Grohl et sa bande rappelaient qu’avec les Stones et Metallica, ils faisaient partie des derniers dinosaures du rock capables de galvaniser les masses avec des guitares électriques. “Il s’est passé un truc magique à Werchter, nous confiait quelques jours plus tard Pat Smear, guitariste des Foo Fighters. Nous avions décidé de lancer le show avec trois chansons que tout le monde connaît: All My Life, Times Like These et Learn To Fly. Histoire de se mettre dans l’ambiance et de chauffer le public. Après un quart d’heure de rock and roll plein pot, on s’est dit: “Shit, les Belges ont bouffé du lion ce soir. Ils sont chaud boulette. Ils en veulent encore”. Et nous avons continué sur ce rythme sans relâcher la pression. On pensait qu’à un moment donné, les mecs allaient se calmer, se ravitailler au bar, mais ça continuait de plus belle. Un truc de dingue. J’en ai encore des frissons.”
À cinquante-sept ans, Pat Smear est jalousé par tous les musiciens de la planète. Peu d’artistes peuvent en effet se targuer d’avoir officié comme lui dans deux des groupes rock les plus iconiques de l’histoire. Enrôlé dans Nirvana par Kurt Cobain en 1993, ce pionnier du punk américain a ensuite suivi le batteur Dave Grohl lorsque ce dernier a lancé les Foo Fighters après le suicide de Kurt. “Je suis verni et j’en profite, affirme-t-il humblement. À cette époque, je ne restais jamais plus de deux ans avec les mêmes musiciens. J’adorais Dave Grohl mais jamais je n’aurais pu imaginer que les Foo Fighters durent aussi longtemps  et deviennent plus populaires sur la longueur que Nirvana.” 
Ces dernières années, la formation américaine a pris un malin plaisir à casser les conventions tout en maintenant sont statut de “groupe de stades”. En 2011, elle enregistrait son album “Wasting Light” dans le garage de la villa californienne de Dave. Trois ans plus tard,  elle choisissait huit villes, huit studios et huit légendes locales pour mettre en boîte “Sonic Highways”. “Cette fois, nous nous sommes demandé: “Quelle est la chose la plus étrange que nous puissions faire?” Et on s’est rendu compte que c’était tout simplement d’enregistrer un album comme un groupe normal.” Sauf que les Foo Fighters ne seront jamais un groupe normal. Pour “Concrete And Gold”, les Foo Fighters ont posé leurs amplis au studio East West de Los Angeles et enregistré avec Greg Kurstin, producteur de “Hello” d’Adele! Pas vraiment le profil heavy rock. Mais le résultat est brillant. Sur ce neuvième disque, les Foo essaient de nouvelles choses, réussissent de belles orchestrations (Happy Ever After), osent des ballades pop (Dirty Water), invitent Paul McCartney à la batterie (!) sur Sunday Rain et balancent la purée (Run, The Sky Is A Neighborhood) pour convaincre leurs fans conservateurs.

Dave Grohl a décrit ce nouvel album comme une version de “Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band” jouée par Motörhead? Vous vous retrouvez dans cette définition ?

PAT SMEAR - Ça pourrait sonner comme un teaser pour faire vendre le disque. Mais à bien y réfléchir, c’est tout à fait ça. Les gens ont tendance à oublier que les Foo Fighters ont toujours privilégié les mélodies. Nos morceaux les plus connus, comme Learn To Fly, Everlong ou encore The Best Of You sont à la base des chansons pop. La seule différence avec un groupe pop traditionnel, c’est que nous mettons les guitares en avant et que notre son est plus puissant, voire plus métal. Sur notre nouvel album, des titres comme Dirty Water ou Sunday Rain sonnent très Beatles à la base. Et je crois que si vous demandez à chaque membre des Foo Fighters de citer ses groupes préférés, chacun d’entre nous citera les Beatles et Motörhead.

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