Santé

Pharmacie solidaire: la cible de tout un secteur

En Belgique, on jette 500 tonnes de médicaments par an. Une “pharmacie solidaire” tente d’en récupérer une partie pour les plus précarisés.

C’est l’officine à abattre. Celle qui jette de l’huile sur le feu et ravive le débat du gaspillage de produits pharmaceutiques. Ouverte depuis quelques semaines, la “pharmacie solidaire” de la Maison médicale de Ghlin, près de Mons, récolte des médicaments inutilisés (non périmés) et les redistribue aux plus précarisés. Des produits faciles à dénicher. C’est que les Belges sont les plus gros consommateurs européens de médicaments. En 2016, 520 tonnes ont ainsi été récoltées par les pharmacies du pays et envoyées au pilon. Dont une bonne partie n’avait pas atteint la date de péremption. 

“En tant que médecin généraliste engagé sur le terrain depuis 27 ans et assurant plus de 100 gardes par an, je constate un nombre de plus en plus important de patients en extrême pauvreté étant dans l’impossibilité financière de payer leurs médicaments à la pharmacie en temps réel”, souligne le Dr David Bouillon, porteur du projet, dans la revue Le pharmacien. Une situation inacceptable, selon lui, et aux conséquences dommageables pour tous. “À défaut d’être soignées à temps, ces personnes seront bien obligées de se rendre aux urgences des hôpitaux quelques semaines plus tard. Ce retard engendre non seulement une dégradation plus importante de l’état de santé du patient, avec parfois des risques irréversibles, mais aussi un surcoût considérable pour la sécurité sociale.”
L’initiative remporte un franc succès et suscite l’engouement de patients, médecins, pharmaciens et même de certains hôpitaux qui y voient une parade aux ruptures de stock durant les jours fériés, par exemple. Mais pour d’autres praticiens, l’Association pharmaceutique belge (APB) ou le ministère de la Santé, le Dr Bouillon est une brebis galeuse. D’abord parce qu’il viole la loi. Et plus précisément l’arrêté royal du 21 janvier 2009 qui oblige les pharmacies à détruire les médicaments non utilisés, même si ceux-ci ne sont pas périmés. Mais aussi parce que le médecin ne fait pas partie de la chaîne légale des médicaments. Et puis, comment s’assurer que ces produits récupérés ici et là ne sont pas des contrefaçons et qu’ils ont été stockés et conservés convenablement?, s’interroge l’APB. 

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