Télévision

De l’or en tube

2

Face à une offre qui débande et une demande qui explose, les banques de sperme s’en mettent plein les bourses.

Mère de toutes les matières premières, le sperme est-il un bien comme les autres? À la vue de ce numéro de Questions à la Une, c’est un grand oui. Encore sérieusement encadré chez nous, le don et l’achat de sève humaine sont soumis à une réglementation stricte à la hauteur de l’importance de l’enjeu. Outre les considérations médicales évidentes relatives à la santé du donneur, son anonymat doit, sauf exception, être garanti. Problème: l’offre est sacrément inférieure à la demande, ce qui pousse de nombreux candidats à la procréation médicalement assistée à aller voir ailleurs pour accomplir leur quête. Et à l’étranger les règles ne sont pas toujours les mêmes.

Pionnier dans le business de l’or blanc cassé, le Danemark est devenu une référence en la matière. Jouissant d’une législation bien moins stricte, les banques privées y offrent des milliers d’échantillons à destination du monde entier. En quelques clics, les futurs parents peuvent choisir, sur catalogue, le profil du géniteur de façon très précise. Race, couleur des yeux, des cheveux, groupe sanguin, qualité et même taille et poids, sont paramétrables afin de dresser une liste de paternels potentiels. En échange d’environ 1000 euros, l’internaute repart avec 0,5 ml de semence haut de gamme prête à l’emploi. Simple comme un jeu d’enfants…

Quand on sait que la qualité du sperme a baissé de plus de 50 % en trente ans dans les pays développés, le marché a encore de beaux jours devant lui. Beaucoup de questions à régler aussi. À la fois sur les dérives eugénistes potentielles de cette procréation sur catalogue et sur la souffrance des enfants nés de papa inconnu dont certains témoignent ce soir.

Les sites de L'Avenir Hebdo SA utilisent des cookies. Qu’est-ce que cela signifie pour vous ? Plus d’infos Masquer cette notification