Rencontre

Damso, roi du rap

L’artiste bruxellois bat tous les records avec un deuxième essai fracassant.

Entre l’homme et l’artiste, le contraste est frappant. Quand Moustique rencontre Damso, tout est politesse, respect et douceur. Au diable la vulgarité et les vagues de violence qui déferlent dans le nouveau “Ipséité”, disque d’or moins de dix jours après sa sortie, l’album a également pulvérisé les records en ligne avec quelque 32 millions de streams en une semaine. Du jamais-vu.
Carcasse de géant, voix d’ange, William Kalubi (à l’état civil) est le rappeur francophone le plus influent de sa génération. Publié l’été dernier sous l’aile de Booba, son premier album (”Batterie Faible”) avait déjà mis le feu aux poudres. Cette fois, Damso flambe avec une production en béton. Entre ego-trip et questions existentielles, poésie noire et refrains chantés, figures de style et phrasé parfaitement maîtrisés, “Ipséité” multiplie les tubes en débitant des tranches de vie, à l’image de l’excellent Peur d’être père. “Papa, c’est un rôle qui ne se maîtrise pas. Je déteste ça. Je suis ultra-méticuleux. L’éducation que je vais donner à mon fils passera par des erreurs… Mais chaque enfant doit surmonter des obstacles. C’est ce qui va forger sa personnalité.” Celle de Damso prend source à Kinshasa. Né en 1992, le garçon grandit entre pillages et coups d’État. En 2001, il s’envole pour Bruxelles où il s’installe avec sa famille. “Pour moi, il reste un vide à combler au Congo. J’y ai vécu des événements sanglants. Mais je ne veux pas résumer le pays à ces tragédies. La violence du Congo m’a bouleversé. Gamin, j’ai vite capté que l’homme était prêt à tout pour arriver au pouvoir…” Avec “Ipséité”, Damso réalise son “Scarface”. Comme dans le film de Brian De Palma, il dresse le portrait d’une nature humaine violente, obsédée par le pouvoir, le sexe, le mal, le sale. Dans ses morceaux, le rappeur flingue sans foi ni loi. “La morale, c’est un raccourci vers le mensonge”, explique-t-il. Offensif, “Ipséité” troue la peau de la bienséance avec beaucoup d’indélicatesse et une maîtrise totale de la culture populaire. Tête d’affiche aux Ardentes et au Dour Festival, Damso est désormais un nom incontournable du hip-hop. “Je ne me suis jamais rêvé en vedette. Par contre, je n’ai jamais pensé que c’était impossible. C’est comme faire un concert sur la Lune… Ça doit être jouable. À force de travail, d’abnégation, on arrive à tout.”

Le 7/7 aux Ardentes, Liège. Le 12/7 au Dour Festival.  Le 20/10, Forest National, Bruxelles.

 

ttt

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