Le Tac de l'été - Spécial nouvelles têtes

Guillermo Guiz : "Je ne suis pas Pirette ou les Taloche"

 

Ils sont Belges, ils débarquent et forment une scène jeunesse.

Age?

Trente-trois ans.

Profession?

Euh... On va dire chroniqueur.

Vraie profession?

Journaliste.

Vrai nom?

Guy Verstraeten.

C'est vrai qu'on ne peut pas faire carrière dans le stand-up avec un nom pareil.

C'était évidemment compliqué, mais j'ai trouvé un subterfuge.

Que faites-vous pour devenir connu?

J'essaie de faire les meilleures blagues possible. Et c'est pas tous les jours facile.

Quel a été le déclic du spectacle Guillermo Guiz a un bon fond?

D'abord Louis C.K., l'acteur américain qui joue et écrit la série Louie. C'est la première fois que je me dis que l'humour pouvait être une forme d'expression qui me correspondait. Et puis, une rupture qui m'a poussé à monter sur scène pour oublier tout ça.

Etes-vous masochiste au point de vouloir monter sur scène avec votre spectacle?

Monter sur scène ne me fait plus mal. Ça m'a fait très mal au début, mais maintenant je me dis qu'il n'y a aucune chance que j'en meure - sauf meurtre en direct, ce qui est assez rare quand même. 

Pourquoi vouloir faire de l'humour alors que tout le monde veut faire le comique?

C'est vrai... Je considère que, pour le moment, il n'y a rien de plus ringard que l'humour. J'arrive dans la pire période pour faire mon spectacle, mais malgré tout, c'est toujours mieux que de visser des boulons dans une chaîne de montage.   

Quand vous êtes-vous aperçu que vous étiez drôle?

Je ne sais pas si mes souvenirs me jouent des tours, mais je pense que j'étais un enfant drôle, même si mon institutrice de primaire est venue voir mon spectacle et m'a dit: "Tu étais un enfant très sage, tu étais au premier rang, tu ne disais jamais rien". Alors que je n'avais pas du tout cette image de moi. Je pensais que j'étais un rebelle complètement extraverti, mais apparemment non.

Vous étiez un premier de la classe?

Non, j'étais un quatrième de la classe, ce que je suis resté toute ma vie. Pas mal, mais jamais excellent.  

Quel est votre rêve?

Me faire interviewer par Thierry Ardisson et quitter le plateau en me disant qu'il n'est pas si terrible.

Avez-vous besoin de reconnaissance?

Euh... Oui... Comme à peu près cent pour cent de l'humanité... C'est un besoin primaire, non? Comme manger et baiser.

A part que, pour monter sur scène et avoir la prétention de faire rire, il faut être un peu plus gourmand de reconnaissance...

Ben... Euh... Il faut... En fait, euh... Comment dire? En fait, je suis assez gêné face aux compliments, donc je ne recherche pas vraiment ça...

A d'autres!

Non, mais c'est vrai, je ne suis pas quelqu'un de sociable, les gens qui me parlent me mettent mal à l'aise, les gens qui me parlent par écrit me mettent mal à l'aise. Tout me met mal à l'aise...

Est-ce difficile en Belgique?

Je n'ai pas de point de comparaison, mais, pour le moment, ça me semble facile. Je fais mon petit truc dans mon coin et ça n'emmerde personne. Je ne suis pas Pirette ou les Taloche, ce que je fais ne plaît pas à tout le monde. Je vais devoir me contenter de ma niche pendant un bon moment.

Pourquoi les gens doivent-ils vous aimer?

Parce que je ne les prends pas pour des cons.

GUILLERMO GUIZ A UN BON FOND, le 26/10. TTO, Bruxelles. 02/510.05.10.   

 

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